Article
gouttes rue du colibri

Le sport par Vanessa Héry

Nous avons découvert Vanessa sur Insta. Sensibles à l’importance de l’activité physique dans le bien-être et notamment pendant et après la maladie, nous avons été très impressionnées par son parcours sportif démarré en pleine chimio. Nous sommes heureuses de partager ici ce très bel exemple de volonté d’une pratique sportive qui aide sur le chemin de la guérison.

Hello Vanessa, peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je m’appelle Vanessa Héry, j’ai 40 ans et je suis photographe de reportages à Brest. En 2019, j’ai été traitée pour un cancer du sein triple négatif. J’ai reçu 16 cures de chimiothérapie, j’ai ensuite été opérée puis j’ai reçu 33 séances de radiothérapie.

Qu’est-ce que le sport t’a apporté pendant les traitements ?

J’ai commencé l’activité physique adaptée sur les conseils de ma cancérologue, dès le lendemain de la première cure de chimiothérapie. Elle m’a expliquée que plusieurs études démontraient le rôle bénéfique de l’activité physique sur la fatigue générée par les traitements, l’anxiété, le sommeil et sur la récupération après la maladie. Elle m’a conseillée de marcher au moins 30 minutes par jour d’un bon pas. J’ai rapidement vu que je pouvais faire d’avantage et que je prenais un vrai plaisir à bouger et mettre tout mon corps en mouvement. C’est là que j’ai commencé à faire du sport tous les jours pendant les traitements : escrime, qi-gong, renforcement musculaire, vélo elliptique et marche rapide. Je n’ai pas hésité une seule seconde à pousser les portes des cours de sport-santé de ma ville même si je ne pratiquais AUCUN sport auparavant.
Je pense que ma pratique sportive a été comme un exutoire au départ, ce qui m’a permis de savoir pourquoi je me levais le matin et de me donner de l’énergie pour accepter la réalité de la maladie. Par la suite, étant donné le plaisir que je prenais à bouger mon corps, j’ai poursuivi ma pratique sportive tout au long des traitements. Je peux affirmer haut et fort que bouger chaque jour m’a apporté un mélange de bien-être physique et mental pendant les traitements. Et lors des cours de sport-santé, j’ai pu rencontrer d’autres femmes en traitement, ce qui était très important pour moi afin d’échanger et de sentir que je n’étais pas seule dans cette galère.

As-tu pratiqué de la même façon du début à la fin des traitements ?

J’y suis allée crescendo. Au départ, j’ai commencé tout doucement car je n’étais pas sportive avant la maladie et je ne savais pas comment mon corps allait réagir à la chimiothérapie. J’ai démarré par des activités douces lors des deux premières cures de chimiothérapie avec la marche et le qi-gong. Comme j’ai constaté que tout se passait bien et que j’avais envie et besoin d’aller plus loin, j’ai démarré les cours d’escrime-santé, le renforcement musculaire et le vélo-elliptique.
L’escrime a été une vraie révélation pour moi durant les traitements. Le programme RIPOSTE (Reconstruction, Image de soi, Posture, Oncologie, Santé, Thérapie, Escrime) propose aux femmes traitées pour un cancer du sein de pratiquer le sabre afin de retrouver de la mobilité articulaire au niveau de l’épaule du côté opéré et d’atténuer les douleurs post-opératoires.

L’escrime permet également de travailler l’équilibre, la concentration, de gagner en force musculaire et de reprendre confiance en soi. Les cours sont encadrés par un maître d’armes spécialement formé. Je n’ai loupé aucun cours durant les traitements.

https://www.escrime-muret.fr/solution-riposte/

A Brest, il est également possible de pratiquer le tir à l’arc, le dragon boat, l’aviron, la danse, la marche nordique, la course à pieds, la gym, l’aquagym et la voile. J’avais envie de tout tester mais j’ai dû faire des choix pour ne pas m’éparpiller.

Maintenant que la parenthèse des traitements est terminée, quelle pratique sportive as-tu ?

La maladie m’a mis le pied à l’étrier et désormais l’activité physique fait partie de mon quotidien. Je marche chaque jour 1h-1h30 en bord de mer et je fais du renforcement musculaire à base de squats, fentes, planches. En plus des cours d’escrime-santé le jeudi matin, je suis inscrite à un cours d’escrime comme une personne lambda les mardis et vendredis. Je continue les cours de qi-gong le lundi. Il y a un vélo elliptique à la maison, ce qui est très pratique les jours de pluie pour bouger quand même. Et j’ai investi dans une montre connectée : mon objectif est de fermer les trois anneaux de ma montre tous les jours.

Quel conseil/astuce donnerais-tu à un(e) patient(e) qui débute une chimiothérapie ?

Il faut avoir à l’esprit que le but est de se faire du bien et de mieux tolérer les traitements. Je dirais donc à un(e) patient(e) de choisir une activité qui lui procure du plaisir. C’est logique d’apprécier le sport-santé pratiqué pour ne pas tout arrêter au bout de 2-3 cours. Je lui dirais de laisser ses complexes au vestiaire, on est toutes et tous dans le même bateau. Je lui dirais que j’ai vécu au plus profond de mon corps les bienfaits du sport pendant les traitements, même si je n’étais pas du tout sportive au départ et que ça en vaut vraiment la chandelle pour diminuer la fatigue, gérer les angoisses et le sommeil. 

Je ne dis pas que c’est facile de s’y atteler chaque jour mais mon expérience montre qu’il est possible de mettre en place une routine sportive même en pleins traitements. Le but n’est pas de suer sang et eau mais de prendre l’habitude de mettre son corps en mouvement au quotidien pour se sentir mieux. Et quand j’entends que l’activité physique régulière diminue le risque de rechute, je ne vois pas comment on peut faire l’impasse. On a tout à y gagner.

Quels sont tes projets ?

Continuer à prendre du plaisir à faire du sport ! Et parallèlement à la reprise de mon activité photographique en janvier 2021, j’ai le projet de lancer un podcast qui abordera au travers de mon expérience, tout ce que le sport-santé peut amener de bon pendant et après les traitements du cancer du sein. J’en parle sur mon compte Instagram

@vanessa_hery

Le mot de la fin de la Team Colibri

Le sport et l’activité physique adaptée font partie des sujets qui nous tiennent à cœur car ils jouent un rôle majeur dans le bien-être des personnes en parcours de soin. Aussi nous avons décidé de compléter nos articles par un atelier digital animé par Axel Lion spécialiste du domaine, qui a fourni plein d’informations aux participants.es.