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gouttes rue du colibri

Alimentation et cancer, l’importance du poids constant

Dans cet article, vous découvrirez en quoi le poids et l’alimentation sont deux critères surveillés au cours du parcours de soins contre une maladie chronique.

Les prises de conscience sur son alimentation à l’annonce du cancer

A l’annonce du cancer, vous allez peut-être vous demander si ce cancer provient de votre alimentation. C’est une question tout à fait légitime. Pour autant, impossible de savoir précisément si c’est le cas.

Le diagnostic du cancer peut-être le déclencheur d’une prise de conscience sur son alimentation. Toutefois, il vaut mieux attendre la fin des traitements pour opérer un changement radical dans son alimentation. La priorité est de stabiliser votre poids et de mettre toute votre énergie pour accepter et supporter les traitements.

Imposer un régime en plus des traitements risque de fragiliser votre corps. Aussi, gardez cela en mémoire pour « après les traitements ».

Un rapport différent à la nourriture pendant les traitements !

Dès le diagnostic, le rapport à la nourriture change, vous avez moins d’appétit. Cela s’explique par le choc de l’annonce, la tristesse que cela engendre etc. Par ailleurs, les effets secondaires de la chimiothérapie et de la radiothérapie peuvent entrainer une perte d’appétit.

Pourquoi est-il plus difficile de s’alimenter pendant les traitements contre le cancer ?

La perte d’appétit pendant la période de soins contre un cancer peut être causée par différents facteurs :
  • le cancer lui-même
  • l’anorexie que peut provoquer l’annonce du cancer, la peur qu’en s’alimentant on « s’empoisonne » ou que l’on « nourrisse le cancer ». Si c’est votre cas, parlez-en rapidement à votre oncologue et demandez un entretien avec la diététicienne de votre centre de soins.
  • les effets secondaires de la chimiothérapie et la radiothérapie. En effet, la perte de goût et d’odorat peut engendrer une perte d’appétit. Par ailleurs, les inflammations de la bouche (aphtes ou mucites) ou de l’œsophage peuvent entrainer une certaine gêne pour mâcher et avaler. Pour tous ces effets secondaires, consultez votre oncologue, médecin généraliste ou homéopathe. Rassurez-vous, une même personne n’a pas tous ces effets secondaires. L’intensité et la présence d’effets secondaires dépendent des traitements et du métabolisme de chacun.
  • la difficulté à continuer à se préparer à manger due à la fatigue.

Vos goûts changent avec les traitements, est-ce normal ?

En effet, les traitements modifient les goûts ce qui rend parfois la tâche plus difficile pour se faire à manger. A certains moments, vous ne sentez plus les goûts et tous les aliments se ressemblent.

Il vous est arrivé de préparer quelque chose et de ne plus en avoir envie au moment de passer à table ? Ce qui est important, c’est de manger ce que vous voulez et d’arriver à vous faire plaisir à minima (n’hésitez pas à consulter notre article sur les astuces d’alimentation pendant un cancer).

Le poids, un indicateur important pendant les traitements contre le cancer

Les médecins sont particulièrement attentifs à votre poids ou plus précisément à la variation de votre poids. Celui-ci est pris au moment du diagnostic et suivi à chaque visite, chimio, contrôle etc. Peu importe que vous ayez des kilos en trop au moment du diagnostic, le personnel soignant prend ce poids en référence. Un amaigrissement accompagné d’une perte de masse musculaire peut entrainer un dérèglement du métabolisme d’où le regard attentif du corps médical.

Pendant les traitements, il est important de conserver son poids initial et de suivre sa courbe de poids.

Que faire si vous constatez que vous avez de plus en plus de mal à vous alimenter et perdez du poids au cours du parcours de soins ?

Certains pensent que l’alimentation pendant le cancer ainsi que la perte de poids est secondaire face au traitement lui-même. Pour autant, l’efficacité du traitement va de pair avec une bonne alimentation. Votre corps doit avoir suffisamment de force pour accepter tous ces traitements et se battre. Il ne doit pas être mis à rude épreuve, mais encouragé et chouchouté.

Sachez que votre oncologue peut décider d’arrêter vos traitements s’il constate une perte de poids trop importante. D’où l’importance de tout faire pour garder un poids stable.
Si vous constatez une difficulté à vous alimenter, à conserver votre poids, surtout partagez avec votre oncologue, les infirmières en hôpital de jour et votre infirmière qui vient à domicile. En fonction de votre maladie et vos types de difficultés, le personnel hospitalier vous apportera une réponse adaptée et organisera peut-être un RV avec une diététicienne ou un psychologue ou simplement vous fera une prescription. Quant à l’infirmière à domicile, elle peut avoir des astuces. Surtout faites part, au centre qui vous suit, des changements que vous opérez dans votre alimentation.

Vous entendez « risque de dénutrition », qu’est-ce que cela signifie ?

La dénutrition est un état pathologique provenant d’une insuffisance d’apports nutritionnels en regard aux dépenses énergétiques de votre organisme. Concrètement, vous consommez plus d’énergie que vous en absorbez.

Ceci peut être causé soit par une baisse des apports alimentaires, soit par une augmentation des pertes (une plus grande consommation), soit par une association des deux. Le dépistage de la dénutrition s’appuie sur une pesée régulière, qui permet de calculer votre pourcentage de perte de poids. Une perte supérieure à 5 % du poids habituel en 1 mois (ou 10 % en 6 mois) doit alerter l’équipe médicale.

La dénutrition entraine une augmentation de la fatigue, diminue la capacité à tolérer les traitements, et augmente les effets de toxicité des traitements.

Peut-on grossir pendant une chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie ou hormonothérapie ?

Il arrive en effet de prendre du poids. C’est le cas notamment quand on diminue l’activité sportive sans diminuer les apports énergétiques. C’est aussi parfois le cas pour la prise de certains traitements à base de cortisone, ou des traitements antihormonaux pour les cancers hormono-dépendants.

Dans ce cas, il est important de partager avec à l’équipe médical et de pratiquer le sport adapté.