Activité physique adaptée

activité physique adaptée prise en charge

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Qu'est-ce que l'activité physique adaptée ?

L’Activité Physique Adaptée (APA) représente une méthode spécifique et personnalisée, visant à promouvoir le bien-être physique et mental à travers l’exercice, pouvant bénéficier de prise en charge par certains acteurs. Elle fait partie des interventions non médicamenteuses les plus recommandées dans la gestion des maladies.

Concrètement, elle consiste à concevoir et mettre en place des programmes d’exercices adaptés aux besoins individuels. Des professionnels qualifiés d’activité physique adaptée les conçoivent.

Pour chaque personne, ces programmes tiennent compte des :

  • capacités physiques,
  • limitations et
  • objectifs spécifiques.

Différentes techniques permettent d’adapter l’exercice aux besoins individuels. Gymnastique, renforcement musculaire avec des poids légers ou des bandes élastiques, exercices de flexibilité et d’équilibre, voire exercices aquatiques dans certains cas.

Cette approche vise à rendre l’exercice accessible à tous, indépendamment de l’âge, des capacités physiques ou des conditions médicales.

Photo d'une personne pratiquant le yoga, activité physique adaptée qui ne bénéficie pas de prise en charge

Sur quels principes s'appuie l'APA ?

Rôle du mouvement

Bouger constitue un besoin vital pour le corps humain et ses principales fonctions.

En l’absence de mouvement, un certain nombre de dérèglements apparaissent, entraînant un mauvais fonctionnement global de l’organisme.

Ces dysfonctionnements peuvent ainsi affecter les muscles, les os, les systèmes cardiovasculaire, respiratoire et immunitaire, ainsi que la santé mentale.

Dans un second temps, ils pourront également engendrer des blessures, fractures et maladies (diabète, maladies cardiovasculaires, infections).

Individualisation

Pratique centrée sur l’individu, l’APA tient compte, dans la conception des programmes personnalisés, de ses :

  • attentes,
  • besoins,
  • capacités.

En trouvant une activité adaptée à la personne (pas nécessairement sportive), on lui permet de bouger, quels que soient ses antécédents médicaux et sa condition physique à un instant t.

Progressivité

On structure les programmes de manière à permettre une progression graduelle, en ajustant l’intensité, la durée et le type d’exercice au fil du temps.

Sécurité

La sécurité est une priorité absolue, en évitant les risques de blessures et en fournissant un environnement sûr pour l’exercice.

Variété

On diversifie les activités physiques proposées pour englober différents types d’exercices (aérobiques, renforcement musculaire, souplesse, etc.).

Quels bénéfices apporte l'activité physique adaptée ?

L’APA a une incidence à différents niveaux : physique et biologique, psychologique et social du patient.

Amélioration de la santé physique globale

L’exercice adapté contribue à améliorer la condition physique, renforcer les muscles et les os, et à améliorer la santé cardiovasculaire.

Elle permet notamment de limiter :

  • le déconditionnement physique dû aux traitements et à la maladie,
  • la prise de masse grasse,
  • la perte de masse musculaire.

Bien-être mental

L’activité physique adaptée agit sur la santé mentale par le biais de plusieurs mécanismes physiologiques et psychologiques.

L’exercice réduit tout d’abord le stress et l’anxiété par différentes voies qui cumulent leurs effets.

  • Il stimule notamment la libération d’endorphines, des hormones produites par le cerveau. Agissant comme des analgésiques (anti-douleurs) naturels, elles procurent une sensation de bien-être.
  • Il réduit en parallèle les niveaux de cortisol, l’hormone du stress.
  • Il offre une d’autre part une distraction mentale.
  • Enfin, il favorise la relaxation musculaire qui participe de la détente.

L’activité physique améliore par ailleurs la circulation sanguine. L’apport supérieur d’oxygène et de nutriments au cerveau peut ainsi améliorer la fonction cognitive et réduire les sensations de fatigue mentale.

L’exercice physique peut également favoriser la croissance de nouvelles cellules cérébrales (neurogenèse) et augmenter les niveaux de neurotransmetteurs. Comme par exemple la sérotonine et la dopamine, impliquées dans la régulation de l’humeur et du bien-être.

En contribuant à réduire l’inflammation dans le corps, un exercice régulier peut d’autre part améliorer des problèmes de santé mentale tels que la dépression.

En favorisant une image corporelle positive, l’activité physique aide aussi à renforcer la confiance en soi et l’estime de soi.

Enfin, l’activité physique impacte favorablement la qualité du sommeil. Elle contribue ainsi à une meilleure régulation de l’humeur et à une diminution des niveaux de stress.

Bien-être social

La participation à des activités physiques peut favoriser les interactions sociales et limiter ainsi l’isolement. Elle offre ainsi un soutien social et émotionnel.

Gestion des conditions médicales

L’APA peut aider à contrôler les symptômes de nombreuses maladies chroniques et à améliorer la qualité de vie en parcours de soins.

Prévention primaire

L’APA constitue un facteur très important dans la prévention primaire.

La prévention primaire fait référence à un ensemble de mesures et d’actions visant à prévenir l’apparition d’une maladie ou d’un problème de santé avant qu’ils ne se manifestent chez des individus non encore atteints.

Des études ont démontré que 40% des cancers  peuvent être évités par nos habitudes de vie et notre exposition à notre environnement. Dans ces 40%, 20% résultent de surpoids, de l’inactivité et de la malnutrition. 

Pratiquer une activité physique régulière contribue donc significativement à réduire le risque de développer une maladie.

Dans quelles affections l'APA joue un rôle essentiel ?

Cancer

L’activité physique adaptée a fait (et fait encore) l’objet de nombreuses études scientifiques ayant permis de démontrer ses nombreux avantages en cancérologie.

Les bénéfices démontrés portent notamment sur la fatigue, pendant et après les traitements. On observe ainsi une diminution de 40% du niveau de fatigue tous cancers confondus.

L’APA améliore également :

  • la condition physique, en maintenant la force musculaire, la mobilité, la flexibilité et le poids,
  • la santé mentale et l’humeur, avec une réduction du stress, de l’anxiété et de la dépression,
  • la qualité du sommeil.

Au-delà de son impact favorable sur les effets secondaires, l’activité physique adaptée joue un rôle dans l’issue de la maladie. On observe ainsi une diminution des risques de mortalité sur 11 types de cancer. Notamment les cancers de la prostate, colorectal et du sein.

Enfin, elle contribue à diminuer le risque de récidive.

Endométriose

Dans l’endométriose, l’exercice physique adapté peut notamment contribuer à réduire la douleur. Les endorphines libérées agissent comme des anti-douleurs naturels.

L’APA aide également à mieux gérer le stress et l’anxiété, souvent exacerbés par la douleur chronique.

Des exercices ciblés peuvent par ailleurs renforcer les muscles du plancher pelvien et du noyau abdominal. Le meilleur soutien pour les organes peut aider à réduire certaines douleurs.

Bien que plus de recherches soient nécessaires, certaines études suggèrent que l’exercice régulier peut avoir un impact sur les hormones. Aidant ainsi à réguler les déséquilibres hormonaux associés à l’endométriose.

La combinaison de ces différents effets contribue ainsi à l’amélioration de la qualité de vie des endogirls.

Diabète

En augmentant la sensibilité à l’insuline, l’exercice physique régulier peut aider à réguler et à contrôler les niveaux de sucre dans le sang. L’organisme utilise alors le glucose de manière plus efficace et peut même réduire la nécessité de médicaments pour contrôler le diabète.

En brûlant des calories, l’activité physique aide d’autre part à :

  • contrôler le poids corporel,
  • favoriser la perte de poids si nécessaire.

L’exercice contribue par ailleurs à renforcer le cœur et les vaisseaux sanguins, réduisant ainsi le risque de complications cardiovasculaires associées au diabète.

L’APA peut également aider à abaisser la pression artérielle, un autre facteur de risque de complications chez les personnes diabétiques.

L’exercice peut augmenter les niveaux de bon cholestérol (HDL) et réduire les niveaux de mauvais cholestérol (LDL). Cette amélioration du profil lipidique contribue à également à la réduction du risque cardiovasculaire.

En favorisant la santé mentale (stress, humeur, sommeil), l’APA favorise enfin une meilleure régulation de la glycémie.

Insuffisance rénale

L’exercice régulier peut aider à maintenir ou améliorer la condition physique globale malgré les limitations liées à l’insuffisance rénale. Cela peut inclure l’amélioration de l’endurance, de la force musculaire et de la flexibilité.

L’activité physique contribue d’autre part à abaisser la pression artérielle, un aspect crucial dans la gestion de l’insuffisance rénale. Une pression artérielle élevée peut en effet aggraver les dommages rénaux.

En aidant à maintenir un poids corporel sain, l’APA réduit la pression supplémentaire sur les reins affaiblis que peuvent exercer l’obésité ou le surpoids.

Une activité physique adaptée peut par ailleurs aider à améliorer l’énergie et réduire la sensation de fatigue excessive, très prégnante chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale. 

Enfin, l’exercice contribue à une meilleure circulation sanguine et donc un meilleur apport aux reins.

Sénescence

L’activité physique adaptée joue un rôle majeur dans le retardement des effets naturels du vieillissement. Elle permet d’accroître l’indépendance et l’autonomie des personnes et améliore leur qualité de vie.

L’exercice régulier, notamment les exercices de renforcement musculaire, aident à préserver la force et la masse musculaires. Ils permettent ainsi le maintien de l‘indépendance fonctionnelle avec l’âge.

En améliorant l’équilibre et la coordination, l’APA réduit le risque de chutes, problème majeur chez les personnes âgées.

Certaines formes d’exercices, impliquant notamment des exercices de poids corporel ou de résistance, contribuent à maintenir ou améliorer la densité osseuse. Cela réduit ainsi le risque d’ostéoporose et de fractures.

L’exercice régulier améliore d’autre part la santé du cœur et des vaisseaux sanguins. Le risque de maladies cardiovasculaires, élevé chez les personnes âgées, s’en trouve ainsi réduit.

En aidant à contrôler le poids corporel, l’activité physique adaptée limite également le risque de maladies associées au surpoids ou à l’obésité. Des maladies chroniques telles le diabète de type 2 ou l’hypertension artérielle peuvent ainsi être évitées.

En favorisant une meilleure santé mentale, l’exercice régulier diminue enfin le risque de dépression.

Comment bénéficier de l'activité physique adaptée ?

Il faut tout d’abord consulter son médecin.

Il pourra rédiger un certificat d’aptitude à l’APA, en notifiant des incapacités et certains effets notables. La présence de métastases et leur localisation, ou de pathologies chronique par exemple devront être pris en compte pendant l’activité physique.

Il faut ensuite identifier et prendre rendez-vous avec un enseignant en APA. Différentes structures peuvent proposer l’activité physique adaptée : hôpitaux, maisons sport santé, associations, prestataires à domicile… 

Le patient aura ensuite un entretien avec un enseignant en activité physique adaptée. Cet échange permettra de faire le point physiquement avec le patient :

  • comment se sent-il ?
  • quel est son niveau, évalué avec des tests physiques adaptés ?
  • quelles sont ses habitudes en termes activité physique (actif, sportif ou plutôt sédentaire) ?

En fonction du profil, l’enseignant personnalisera son programme d’APA.

Enfin, une séance d’APA, encadrée par les enseignants, peut être proposée.

L'activité physique adaptée, une thérapie complémentaire prise en charge

Quelle prise en charge pour l'activité physique adaptée ?

Il y a aujourd’hui un décret en vigueur sur la prescription d’activité physique adaptée pour les patients atteints d’affection longue durée.

Mais il n’y a pas encore de prise en charge de l’activité physique adaptée par la sécurité sociale.

D’autres sources de financement peuvent cependant exister, au niveau régional notamment.

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, en lien avec le réseau régional de cancérologie ONCO AURA, propose par exemple les parcours de soins globaux après traitement d’un cancer. Les patients peuvent ainsi bénéficier d’une prise en charge d’un bilan d’activité physique adaptée. Couplé à un bilan diététique et/ou psychologique, il permet de consulter les professionnels associés. 

Les mutuelles peuvent d’autre part proposer une prise en charge de l’activité physique adaptée, du bilan voire de séances. Des sites donnent des listes de mutuelles (sans garantir l’exhaustivité), comme Azur Sport Santé.

Les asociations constituent une autre source possible de prise en charge d’activité physique adaptée. Certaines proposent des séances d’APA gratuitement, souvent de manière ponctuelle comme les maisons de sport santé.

Les patients peuvent notamment se tourner vers La Ligue Contre Le Cancer pendant ou après les traitements. Selon les régions, les comités peuvent en effet proposer des séances d’apa gratuites pendant un temps donné.

Nous expédierons toutes les commandes passées jusqu’au 23 décembre à 16h.

Et reprendrons les livraisons le 2 janvier.

Passez de Belles Fêtes !