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gouttes rue du colibri

Annonce cancer : moi malade ? Impossible !

Dans cet article, je vais vous raconter comment j’ai découvert que j’avais un cancer et comment l’annonce en a été faite par le médecin généraliste.

Qui suis-je avant l’annonce du cancer ?

Je m’appelle Angeline, j’ai 45 ans et mène une vie très classique. Maman de deux enfants, je travaille à fond, j’adore mon boulot. À côté du travail, je fais de la course à pied ; un sport choisi pour la liberté qu’il donne. En effet, pour courir, il suffit simplement d’une paire de baskets et l’on ne dépend pas du timing. C’est un sport qui me convient si bien compte tenu du rythme de vie que j’ai. 

Je prépare d’ailleurs le marathon de Prague qui se déroule le 6 mai 2018. 

Le week-end, tous les samedis matin, je fais le marché. J’aime en effet cuisiner et manger sainement. Quant au dimanche matin, il est consacré à une séance longue de course à pied (en complément des deux séances de la semaine).

Autre précision : je ne fume pas et bois de l’alcool uniquement lors d’occasions festives.

Enfin, je ne prends aucun médicament et consulte le médecin très rarement, simplement pour les certificats médicaux. 

 

annonce cancer Angeline

Pour résumer … je suis relativement jeune, active, sportive, en excellente santé. Donc, impossible pour moi d’avoir une maladie grave. 

Le cancer, c’est un mot qui ne me parlait absolument pas !

La mammographie, l’examen de dépistage du cancer du sein

En août 2017, suite à des infections répétées, je me rends à mon RV annuel chez ma gynécologue. A la fin de la consultation, elle me tend une ordonnance pour réaliser ma première mammographie ; celle des 45 ans. Elle me tend cette feuille sans rien ajouter, donc, pour moi, tout est normal.

Ordonnance en main, je la plie en quatre et la glisse dans mon sac à main, sans y prêter aucune attention.

 

Je ne vois pas la nécessité de faire cet examen rapidement d’autant que j’ai peu de temps et que je vais bien, même très bien ! En plus, c’est juste un contrôle et je n’ai aucun signe.

Je viens alors de changer de travail et de prendre une fonction avec plus de responsabilités, dans un univers totalement nouveau … le tout à 1h45 de chez moi. Mes filles entrent dans leurs études supérieures dans une autre ville que Lyon … donc on verra plus tard.

Le peu de temps libre que j’ai, je le consacre au sport et à la course à pied. Je me prépare au Marathon de Prague, 3 à 4 entrainements par semaine. Une vie à 100 km/h, organisée sans temps mort ! 

Les multiples signaux faibles, annonce de la maladie

Des infections à répétition

J’ai toujours eu régulièrement des mycoses mais depuis 8 mois, les traitements ne faisaient plus effets. Le médecin avait changé plusieurs fois de médicament en vain. Par ailleurs, j’avais de nombreuses taches sur la peau et, de la même façon, aucun traitement ne les faisait partir. Je me disais alors que je verrais cela plus tard.

Un rhume long

Février 2018, au retour d’un voyage professionnel en Chine, j’attrape froid dans l’avion et me retrouve enrhumée pendant trois semaines avec des quintes de toux importantes et épuisantes. Je mets cela sur le compte du voyage ou d’un virus attrapé en Asie et je n’ai sûrement les anticorps pour le combattre. Bien entendu, on trouve toujours des explications. N’ayant pas de fièvre, je n’ai pas jugé urgent de consulter et je n’avais pas le temps.

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Un entrainement de plus en plus fatigant

En mars 2018, je participe au semi-marathon de Villeurbanne, une « petite » course avant le marathon de Prague, un simple entrainement de 21 km. Une course simplement pour mesurer son temps, avoir les sensations de la compétition et se mettre en jambes pour le marathon qui aura lieu dans 4 semaines.

La course ne se déroule pas du tout comme je me l’étais imaginée. Bien que le parcours soit sur du plat, je peine comme jamais !  Mes jambes sont lourdes et je ressens comme une tendinite à la jambe gauche. Essoufflée, j’ai du mal à respirer et je me sens tellement fatiguée.  Cette course ne me procure aucun plaisir et le dernier kilomètre est épuisant. Je me dis que je me sens fatiguée car psychologiquement, je suis déçue de cette course et doute pour le 42km.

Tandis que je passe la ligne d’arrivée, je me sens vaciller et je m’allonge sur un banc. Le temps de reprendre mes esprits, je mange une compote et rentre en boitant à la maison. C’est dubitative que je rentre chez moi et dans l’incompréhension avec la préparation que je fais depuis des semaines. 

L’après-midi, je décide comme chaque dimanche de faire mes papiers, l’administratif de la semaine. C’est alors que je retombe sur cette ordonnance de mammographie que je mets de côté systématiquement et là, ma petite voix intérieure me dit « ET SI JAMAIS … et si tu avais quelque chose … et si tu passais à côté de quelque chose ? ». Je commence à douter.

Un changement physique constaté

Depuis 2 mois, je sens une boule qui grossit dans mon sein ; une boule différente des masses kystiques habituelles … elle est vraiment ronde, dure, toujours au même endroit et elle ne diminue jamais de taille même quand mes règles sont passées. Très vite, le « mais non, ce n’est pas possible » l’emporte ! Et puis, en août dernier, la gynécologue n’a rien dit.

Des signaux faibles au diagnostic de cancer

Palpation du médecin généraliste

se protéger du soleil pendant la chimio

Mon ordonnance datant du mois d’août, de retour à la maison, je prends RV avec ma généraliste pour une nouvelle ordonnance. Lors du RV, elle me palpe disant qu’elle sent quelque chose dans le sein gauche, mais qu’il s’agit sûrement d’un kyste : « on va vérifier, on en aura le cœur net ». Elle ajoute « Je suis en vacances pour 15 jours, ma remplaçante me préviendra et je vous appelle s’il y a un problème ».

RV le lendemain, nous sommes le Vendredi Saint, 19 avril 2019, en fin d’après-midi. Le cabinet est alors quasi vide. La radiologue est concentrée, sur l’image. Je lui dis : « vous voyez quelque chose ? », elle me répond : « oui, j’ai un doute ! La masse mesure 3cm mais les deux côtés n’ont pas la même texture. Je ne peux pas vous laisser repartir et vous faire revenir pour une biopsie* ». Elle ajoute, « lundi c’est férié, on va la faire de suite, je ne veux pas perdre de temps ». 

Dès cet instant, le doute s’installe. Je rentre à la maison sans dire mon angoisse, je reste factuelle : « suite à l’échographie, une biopsie a été faite ». Et pour autant, dans ma tête, je sais, je sais que ce n’est pas bon, je le sens … je repasse tous mes doutes, les douleurs côté gauche dans la jambe et au dos, la fatigue, les entrainements qui sont de plus en plus difficiles pour moi. 

De l’attente des résultats médicaux à la crainte de l’annonce d’un cancer

La radiologue me dit que les résultats seront adressés d’ici 10 à 15 jours à mon médecin généraliste. L’attente est longue, très longue. Il m’est de plus en plus difficile de me concentrer au travail, j’ai une seule pensée : avoir les résultats de cette biopsie. Au bout du 10ème jour, j’appelle et je suis bloquée par la standardiste qui, d’un ton ultra sec, me répond « si on ne vous appelle pas, c’est que l’on n’a pas reçu les résultats ou que tout va bien ». 

Deux jours et je rappelle. J’insiste pour parler au médecin, je hausse le ton lui disant que pour un tel résultat, on doit me rappeler, un point c’est tout ! La standardiste prend mon nom … et 20mn après le téléphone sonne « Passez quand vous voulez, on vous prendra » …. A son ton, aux mots « quand vous voulez », j’ai compris ! J’ai peur !

De la crainte de l’annonce à l’annonce du cancer

Le lendemain, j’entre dans le cabinet de mon généraliste … de la remplaçante. Elle bafouille et arrive simplement à dire « c’est grave » et le verdict tombe. « Vous avez un cancer, enfin deux cancers je crois, ou deux tumeurs … je ne sais pas trop, je ne sais pas bien lire ces résultats, mais c’est grave ! » Par contre, c’est un HER2+ … je ne comprends rien, le temps s’arrête, je suis pétrifiée, je sais juste que j’ai un cancer, l’annonce du cancer est faite !

Les leçons de vie suite à l’annonce du cancer

  • Ecouter son corps

Notre corps nous parle et nous envoie des signaux. On les ignore trop souvent ! 

  • Les examens de dépistage contre le cancer peuvent sauver ! 

Faites TOUJOURS vos examens ! Il est indispensable de se faire surveiller. Aucune honte à ce que tout aille bien ! 

  • Le cancer, une maladie invisible

Le cancer est sournois, il grandit sans qu’on ne le sente contrairement à d’autres maladies pour lesquelles on sent dès le début une douleur ou une gêne. Tous les contrôles prescrits par les médecins, que ce soit des prises de sang, des radiographies ou des échographies, doivent être suivis à la lettre. Faites passer le message !

trèfles à quatres feuilles
 
  • La maladie peut toucher TOUT le monde

Les jeunes et les plus âgés, toutes les catégories socio-professionnelles, des personnes qui vivent sainement, les sportifs etc. 

*Biopsie mammaire : Sous anesthésie locale et sous contrôle radiologique, un “pistolet” à biopsie est utilisé pour prélever 3 à 5 “carottes biopsiques” sur la lésion ou tumeur. Ce geste peut produire un claquement qui est assez impressionnant. Une alternative à la biopsie est la ponction à l’aiguille fine.